Les grandes manoeuvres des mammouths


Avant, il y avait Homelidays, site chéri des propriétaires de locations de vacances, qui payaient de bon coeur leur adhésion annuelle et tout allait pour le mieux. Puis, il y a eu son rachat par le groupe Homeaway, également détenteur d' Abritel et les choses ont commencé à changer. Homeaway s'est ensuite fait racheter par Expédia.
Airbnb se met à référencer des chambres d'hôtels, pour contrer Booking, qui lui, s'est mis à référencer des locations de vacances.
Nous apprenons que House trip vient de tomber dans l'escarcelle de Tripadvisor...

Cette guerre des mammouths dont nous sommes l'objet peut nous sembler bien lointaine, mais elle n'en est pas moins inquiétante.

Les gros achètent les plus petits pour devenir des mastodontes du secteur en position d'ultra monopole, qui au final, proposeront tous la même chose, et nous imposeront un fonctionnement insatisfaisant. Cela a d'ailleurs déjà commencé.

Chambres d'hôtels, chambres d'hôtes ou locations meublées, tendent à se confondre sur ces sites leaders.
On parle « de lits disponibles», sans vraiment tenir compte des spécificités de chacun, source d'incompréhension entre loueurs et vacanciers.

Ces sites cherchent à verrouiller la relation propriétaire-vacancier, incitent au paiement sécurisé qui permet la taxation des transactions, contrôlent les mails et le processus de réservation.

Là où nous pensons accueil, personnalisation, prestations de qualité, petites attentions pour nos clients, ils pensent rentabilité, business plan et stratégie.

Il suffit de traîner sur les forums pour ressentir l'incompréhension grandissante et le fossé qui se creuse entre les propriétaires et ces sites « prestataires ». On peut d'ailleurs se demander prestataires de qui ? Des propriétaires de locations, ou des plateformes mères plus importantes encore? Abritel travaille pour qui ? Les annonceurs ou Expédia ? N'est-il pas devenu un simple intermediaire ? Un fournisseur d'annonces qui viendront alimenter les comparateurs du style « votre logement au meilleur prix ».

Que demandons nous à un site de référencement ?

De nous apporter une visibilité suffisante afin que notre calendrier se remplisse.
De ce point de vue, certes, les mastodontes sont très forts, et annoncer sur leurs plateformes est devenu obligatoire, tant ils ont aussi la main mise sur internet. Ils occupent les trente premières pages de google avec l'achat en masse de mots clés et d'adwords. Ils sont connus du grand public à coup de pub TV payées avec les commissions ou les abonnements hors de prix que propriétaires et vacanciers leur laissent.

Sommes-nous pour autant enclins à les laisser nous imposer leur vision et leurs pratiques ?

Beaucoup se plaignent d'être devenus peu visibles sur Airbnb. Après quelques recherches, il semblerait que les locations dont le tarif est supérieur à la moyenne appliquée à la recherche par défaut n'apparaissent pas. Quels sont les vacanciers qui font attention à cette fourchette de prix par défaut ? Et que penser des tarifs suggérés par Airbnb totalement inappropriés et extrêmement bas. Après avoir instauré une position dominante, Airbnb cherche t-il à imposer des tarifs de location, au delà desquels les logements qui ne s'y plient pas ne seraient pas visibles ? Et dans quel but ? Coller à son image collaborative ou s'assurer une bonne position sur les listes des comparateurs ... où chacun prend sa commission au passage pour simplement du référencement internet.

Et Tripadvisor, qui s'est fait un nom grâce aux avis des internautes. Sont-ils conformes à la réglementation française? On peut se demander dans ce cas comment un restaurant s'est retrouvé n°1 sur le site, sans même exister !
Cela peut faire sourire...ou pas. Car ces pratiques ouvrent une voie royale aux faux avis positifs déposés par les copains et aux faux avis négatifs déposés par la concurrence ou même par des clients qui s'essaient au chantage. Oui, oui, cela s'est vu! 

Sans oublier Homeaway qui presse les propriétaires, impose d'accepter une réservation sous 24h, voire mieux, d'adhérer à la réservation instantanée. Ils envoient même des mails en notre nom aux locataires potentiels...

Booking, quant à lui, nous impose un fonctionnement identique à celui des hôtels, avec réservation instantanée et sans communication avec nos vacanciers. Le tout avec une commission élévée, dont le taux et le montant est proportionnel au positionnement.
Oui, si vous en doutiez, sachez que la top position ne s'obtient bien sûr pas au mérite sur ces sites, mais se paye. Finie l'époque où s'occuper de son annonce la rendait plus visible. Diffuser des photos de saison, tenir à jour ses disponibilités, proposer un logement et un accueil irréprochable entrainnant de bonnes appréciations... tout cela ne compte plus pour être correctement positionné.

Alors pourquoi nous acceptons ces pratiques qui ne nous conviennent pas toujours ? Pourquoi nous baissons nos tarifs sur Airbnb, acceptons précipitamment des réservations sur Homeaway, faisons l'impasse sur la communication avec nos clients, adhérons contre notre grès au paiement en ligne ? Tout simplement pour être détectés comme rentables par leurs algorithmes et être bien placés sur ces sites leaders. Ne sommes nous pas entrain de s'auto-s'aborder? Lentement mais sûrement,  ces sites cherchent à reproduire le business modèle qui fût appliqué par Booking aux chambres d'hôtels.
Les hôtels se sont retrouvés prisonniers de ce système car ils ont une obligation de rentabilité. Prennons garde à ne pas permettre un scénario similaire. 47% du catalogue de booking est désormais composé de locations.

Les loueurs individuels ont d'autres alternatives.
Ils ne peuvent pas faire l'impasse sur leur présence chez les leaders, mais doivent en rejoindre d'autres plus en adéquation avec leur éthique.

Les vacanciers ne sont plus dupes et cherchent à contourner la messagerie sous contrôle pour contacter les propriétaires par d'autres biais.

Les aider à nous trouver, c'est un moyen de résister à cette main mise sur notre activité. Avoir un site personnel est d'un intérêt certain, et déposer des annonces sur des plateformes qui permettent un lien cliquable vers ces sites est également important.

Être présent sur les réseaux sociaux va egalement vite devenir primordial et fera l'objet d'un article dédié.

Cette guerre des mammouths pour référencer notre activité est la preuve de notre importance économique.

Gardons à l'esprit que nous avons besoin d'eux, mais que l'inverse est tout aussi vrai, et qu'à ce titre, nous pouvons refuser des pratiques dérangeantes qui serviraient en priorité leurs intérêts, et ceux de leurs actionnaires. 



 

 

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